Dissertation Ses Moyennisation

Elément de correction de la dissertation :  Y a-t-il moyennisation de la société française ? Sujet du manuel Nathan Page 151

En 2001, Louis Chauvel annonçait dans un article largement discuté le « retour des classes sociales » : elles auraient été, selon lui, quelque peu oubliées dans les années 1980 et 1990 par les sociologues et, plus encore, par les responsables politiques (notamment de gauche) ainsi que par les journalistes. Pour comprendre les polémiques suscitées par son article, il est important de définir la notion de classe sociale. Cette notion est sociologiquement très liée à la pensée de K. Marx. Selon lui, une classe est constituée par l’ensemble des individus qui occupe une même place vis à vis des moyens de production : Il y a ceux qui les possèdent soit la bourgeoisie et ceux qui ne les possèdent pas et qui n’ont que leur force de travail à vendre, le prolétariat. Ainsi une classe regroupe des individus ayant des caractéristiques économiques et sociales similaires (ce qu’il nomme la classe en soi) mais aussi une conscience de classe, le sentiment d’avoir des intérêts spécifiques à défendre (la classe pour soi).

Si ce concept a été « oublié » pendant un temps comme le souligne Louis Chauvel, c’est sous l’effet de la moyennisation c’est à dire d’un processus aboutissant à la constitution d'une vaste classe moyenne, tout en réduisant les positions extrêmes dans la stratification sociale et en rapprochant ainsi les niveaux de vie et les modes de vie. Y a-t-il eu réellement homogénéisation des modes de vie avec atténuation des clivages sociaux et des inégalités ? Si oui dans quelles mesures et est-ce toujours un processus en cours depuis la fin des trente glorieuses ?

Pour répondre à ces interrogations, nous verrons dans une première partie que la moyennisation est indéniable au regard de nombreux aspects mais nous montrerons dans un deuxième temps que cette moyennisation est à relativiser et que son processus semble interrompu depuis les années 1980.

I / Un processus de moyennisation engagé pendant les trente glorieuses

A)Le développement des PCS « moyennes » déplace la structure sociale vers le haut

1) Développement des couches sociales moyennes

Forte expansion des PCS salariées de cadres, professions intermédiaires et employés. La société française connaît donc pendant les 30 glorieuses « un sentiment d’aspiration vers le haut » et parallèlement le déclin de groupes populaires : PCS ouvriers (à partir du milieu des années 1970) et agriculteurs, c’est cette transformation profonde que H. Mendras qualifie de seconde révolution française.

2)….qui s’explique par :

- des transformations économiques : fordisme et développement des emplois d’encadrement intermédiaire, développement des fonctions de l’Etat puis en parallèle la tertiarisation.               hausse des emplois plus qualifiés.[pic 1]

- des transformations sociales : la démocratisation de l’enseignement permet une mobilité sociale ascendante qui rend possible cette aspiration vers le haut.

B)une certaine uniformisation de la société

1)hausse du niveau de vie et réduction des inégalités

Fordisme => gain de productivité du travail => partage de ces gains => baisse des prix et hausse des salaires => hausse du pouvoir d’achat  notamment des bas salaires. + développement Etat-Providence => hausse revenus de transfert et couverture risques sociaux permettant réduction des inégalités. Doc 1 dernière colonne.

2)homogénéisation des modes de vie

Certaines consommations et pratiques se sont largement diffusées et moyennisées « vers le haut ».

Les taux d’équipement se rapprochent auto, réfrigérateur, télévision. (docs 1 et 3), La diffusion se poursuit au-delà des 30 glorieuses avec les nouvelles technologies (doc 3). Comme certaines pratiques (doc. 1).

...

Entrer dans le sujet

  • Une classe sociale est un groupe social ayant une existence de fait dont les membres partagent un certain nombre de caractères sociaux (valeurs communes, mode de vie, conscience collective…)
  • L’expression « brouillage des frontières de classe » évoque l’idée que les différences sociales apparaissent moins marquées entre les groupes sociaux.

Dégager la problématique

Il s’agit de montrer que la structure sociale contemporaine est caractérisée par une atténuation des clivages traditionnels entre groupes sociaux qui limite la portée des analyses en termes de classes sociales.

Exploiter les documents

Document 1

Ce graphique met en évidence la diminution au cours des trente dernières années du sentiment d’appartenance à une classe. Alors que 68 % des personnes interrogées en 1976 partageaient ce sentiment, ils ne sont plus que 55 % en 2002, soit une baisse de treize points. Parallèlement, le sentiment de ne pas appartenir à une classe voit sa part augmenter au cours de la même période, passant de 26 à 44 % des personnes interrogées.

Document 2

Ce graphique compare le temps hebdomadaire passé devant la télévision et des écrans selon plusieurs critères : sexe, âge, niveau de diplôme, groupe socioprofessionnel. L’appartenance à un groupe socioprofessionnel reste un critère déterminant de différenciation des pratiques, particulièrement dans l’usage de la télévision, puisque les ouvriers la regardent en moyenne dix heures de plus par semaine que les cadres supérieurs.

Mais d’autres critères apparaissent importants :

  • les femmes passent en moyenne quatre heures de moins par semaine devant les écrans ;
  • le critère de l’âge est particulièrement clivant, beaucoup plus que le niveau de diplôme.

Document 3

Ce graphique met en évidence deux transformations de la population active entre 1962 et 2007 :

  • le déclin des actifs indépendants (agriculteurs en premier lieu) et des ouvriers, dont la part dans la population active a baissé de quinze points ;
  • la progression de la catégorie des employés, professions intermédiaires et cadres qui représente aujourd’hui les deux tiers de la population active et qui illustre une relative homogénéisation sociale.

Document 4

Ce tableau montre que le taux de chômage est sensible à deux variables :

  • les femmes sont en moyenne plus touchées par le chômage que les hommes, même si cet écart se réduit ;
  • les jeunes actifs de moins de 25 ans sont particulièrement frappés avec un taux de chômage trois fois plus élevé (23,7 %) que les 25-49 ans (8,2 %).

Définir le plan

Le sujet invite à montrer que les frontières entre classes sociales ont tendance à se brouiller d’une part car la société tend à s’homogénéiser, d’autre part car les critères de différenciation sociale se diversifient.

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